24/11/2010: Mamacitas que trabajan (les petites mamans qui travaillent).
Lors de notre retour au Mexique, en octobre, nous avons discuté à l'aéroport avec une jeune famille à leur départ pour des vacances en Floride. Papa, maman et deux jeunes garçons de 3 ans et 6 mois. La première question qu'ils nous ont posés lorsque nous leur avons dit que nous vivions à Veracruz a été: "Y a-t-il beaucoup de pauvreté?".
La réponse est oui. Même si le Mexique est loin d'être un pays "émergent", qu'il a une économie en assez bon état, des programmes sociaux, une classe moyenne et un bon système d'éducation, il y a de la pauvreté. Plus ou moins qu'au Canada, je l'ignore. La différence ici est que la pauvreté est très visible: il y a des "maisons" qui sont des murs de brique avec deux ou trois lattes de tôle comme toit. Il y a des gens qui portent des vêtements manifestement trop vieux et/ou qui chaussures en très mauvais état. Et des enfants, d'âge scolaire, qui le jour "travaillent" avec leurs parents pour aider la famille. La pauvreté devenant alors héréditaire, les enfants, sans éducation, pouvant difficilement accéder à des emplois mieux payés à l'âge adulte.
Ce que nous voyons peu cependant est la misère. Vous savez le découragement? Le désœuvrement? La mendicité? Et bien, ce n'est pas la norme ici! Veracruz est rempli de gens courageux, déterminés, travaillants.
Celles qui attirent le plus souvent mon regard sont les mères, la plupart des indigènes (et oui, la pauvreté a une ethnie): elles portent de longues jupes, des corsages de couleur violette(fait maison)dans un genre de satin brodés de dessins multicolore. Elles sont toutes petites, souvent moins de 5' 2" pieds et une longue tresse de cheveux très noirs qui descend jusqu'au bas de leur dos. Et, sur celui-ci, un type de foulard tissé maison, qui soutien un bébé ou les objets qu'elles vendent. Elles sont souvent accompagnés de plusieurs enfants, les plus vieux, à partir de 5 ou 6 ans, participants au commerce et les plus jeunes s'amusants avec des objets trouvés sur la rue.
Elles s'installent sur le coin des rues achalandées, sur le zocalo, elles parcourent les plages et les trottoirs sans fin, tout le jour, offrant leurs produits. J'en ai vu, dans l'autobus le soir, lorsque la nuit est tombée, dormant assises toutes droites sur leur siège. Lorsqu'elles "se reposent", elles s'occupent les mains en fabriquant les chemises, ceintures qu'elles vendront plus tard. Certaines, installées sur un banc dans le parc, supervisent les plus vieux et allaitent le bébé (elles font basculer le foulard du dos vers l'avant - n'ont donc pas besoin de tenir le bébé) tout en brodant un chemisier qu'elles vendront plus tard! Ça c'est du multitâches!
Et n'oublions pas toutes les autres: les madames "tacos", "tortas" ou fruits, installées aux coins des rues ou dans des endroits stratégiques (terminus d'autobus, écoles, grandes entreprises).
**En passant, les tacos c'est comme les hot dogs; plus ils sont "cheaps" meilleurs ils sont! La madame tacos du terminus d'autobus de 2iem classe offre 5 tacos pour $20 pesos! Il faut les manger debout ou, si vous êtes chanceux, assis sur un petit banc de bois mais quel délice!!**
Et que dire des "voyantes"! Elles sont facilement reconnaissables, portant toutes, sans exception, des jupes longues jusqu'au sol et un air mystérieux. Elles lisent les lignes de votre main pour $20 pesos! Et les autres qui tressent les cheveux, vendent des colliers, font des tatouages temporaires! La liste pourrait s'étirer!
Vivre dans un autre pays nous oblige à voir les choses et les gens autrement. A remettre en question des dogmes que nous pouvions avoir. Moi, ce que ces femmes me prouvent tous les jour est l'énorme différence qu'il y a entre pauvreté monétaire et spirituelle. Elles sont sous-éduquées, ont peu de moyen mais réussissent à gagner leur vie dignement. Elles sont véritablement LA principale richesse naturelle du Mexique.
mercredi 24 novembre 2010
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