10/03/2011: Petite auto et grand voyage Prise 2
Et oui! Ça prend une deuxième prise pour parler du voyage car l'état des routes et les "règles" routières méritent qu'on en parle longuement....
Lorsque nous avons planifié notre déménagements nous avions décidé que nous ne circulerions que sur les routes payantes, lorsque disponibles, et que nous ne conduirions pas de nuit.
* Pause: contrairement à ce qui est véhiculé dans les journaux, la télévision et autres: le Mexique n'est pas en guerre civile. Il n'y a pas de bandes armées partout, qui tirent sur tous ce qui bouge et qui n'attende que les honnêtes voyageurs pour les détrousser, les violer, les démembrer et les brûler. Après bien sûr leur avoir volé toutes leur possessions. Y a-t-il un problème de guerre des gangs? Oui, mais c'est véritablement concentrer dans le nord du pays, le long de la frontière avec les États-Unis. D'ailleurs, ce qui n'est pas répété partout est que le Texas, le Nouveau-Mexique et l'Arizona ont aussi de sérieux problèmes de violence le long des frontières. C'est le lieu de passage de la drogue, le trafic d'arme et le trafic d'humain (immigrants illégaux). Pourtant nous n'entendons pas les gens recommander de ne pas se rendre dans ces états! En fait, personne ne nous dit de ne pas allé en Virginie cet été à cause de ces crimes! Alors, au Mexique c'est pareil! Les états que nous avons traversés sont beaux et remplis de personnes aimables et agréables. Juste pour vous donner une idée: le Yucatan, où nous vivons maintenant, a un taux de criminalité comparable au Wyoming! Nous sommes très loin des tueries dans la rue!!! Fin de la pause *
Les raisons pour lesquelles nous ne voulions pas circuler de nuit se résument ainsi: état des routes, éclairage et affichage déficients, risque de rencontrer un chauffeur pas complètement "à froid". Le seul état faisant la promotion du "ne conduisez pas si vous buvez" étant, encore lui, le Yucatán.
L'état des routes varie beaucoup d'un état à l'autre: alors faites attention au jugements hâtifs! En sortant de Veracruz, et jusqu'à la frontière avec le Tabasco, les routes étaient absolument horribles! Et chères! Nous avons payés $1.00 pesos du kilomètres, soit $400 pesos en tout, pour nous faire brasser et risquer de briser notre voiture! Certaines zones, en particulier de Coatzacoalcos à la frontière, donnent l'impression d'avoir été la cible de bombardements. Il faut dire que c'est une zone de trafic très lourd. Nous circulions à 40kms heures, parfois moins, sur une autoroute!!!! Ma conclusion? J'ignore totalement ce qui est fait de l'argent des contribuables et des péages à Veracruz mais elle ne va pas dans l'entretien de la chaussée.... Après 1 journée sur ces routes, nous regardions avec craintes la suite du voyage...
Dès que nous avons traversé le Tabasco, changement radical! Les routes sont très bien entretenues, coûtent très peu et on peut voir partout des équipes qui s'affairent à réparer la chaussée. Quels changements! Au Chiapas le peu que nous avons vu était pareil: ce n'était même pas une route payante mais elle était en bon état. Le Campêche et le Yucatán aussi investissent beaucoup dans les routes. En fait, ils élargissent les routes à plusieurs endroits entre Campêche et Mérida: la première voulant faciliter les transports entre les deux et profiter du flot croissant de touristes et expats qui visitent/vivent au Yucatán. Et le Yucatán! Eux se préparent pour l'arrivée massive des baby-boomers dans les prochaines années. Les chemins sont en parfait état, bien indiqués, c'est bien meilleur qu'au Québec!
Ce qui nous amène à l'aspect numéro deux de la conduite au Mexique: les comportements permis.
Vous pouvez faire des "u-turns" à certains endroits, sur l'autoroute et dans les villes. Ça peut paraître complètement sauté mais vraiment, c'est pas si pire! Les gens font, généralement, preuve de prudence. Michel et moi avons essayés et, franchement, c'est plutôt pratique! Une autre chose est le dépassement sur les routes régulières. Lorsque vous n'êtes pas sur une autoroute en 4 voies (2 dans chaque sens), vous pouvez dépasser à peu près partout à moins qu'une signalisation claire affiche que "no rebaza si una raya continua" (ne pas dépasser sur une ligne continue). La technique est simple: vous "flashé" vos lumières derrières le véhicule que vous voulez dépasser: il se tasse sur l'accotement et vous cède le passage. Si une voiture vient dans l'autre sens, elle se rangera aussi et vous passerez au milieu! La 1ier fois c'est un peu stressant mais je dois avouer que Michel a adopté assez rapidement!
La plus grande richesse des routes au Mexique est cependant les "Topes" en français dos d'âne. Afin de réduire la vitesse dans les zones peuplées, ils ont mis, un peu partout des "topes". Ils vous avertissent: "Reduzca su velocidad", "Poblado proximo". Si vous voyez ça, ECOUTEZ! Surtout si la signalisation réduit la vitesse à 40kms. Alors là c'est certain que vous aurez des "topes" de niveau maximum! Un autre signe est la présence de vendeur sur la ligne du milieu: ils se tiennent généralement sur le "tope" et cherche à vous vendre leur fruits, artisanat et autres pendant votre ralentissement. Il y a à l'entrée et à la sortie des villages.
** Pause: Dans certaines régions le signe "Reduzca su velocidad" a été remplacé par "Disminuya su velocidad". Ce qui m'a fait dire: "Disminuya su velocidad o destruya su suspension"! Michel lui les appelle les "destrouillador de suspension". Fin de la pause **
Dans les villes aussi il y en a mais ils sont assez bien annoncés: certains sont à peine des "vibradores" mais d'autres peuvent vous conduire droit au garage! Alors, il faut porter attention!
Une autre réalité est l'impact qu'a le prix des véhicules sur la population locale: les voitures, camions, pick-up et autres sont le même prix neuf ici qu'au Canada. Quand on pense qu'un travailleur manuel, non spécialisé, souvent illettrés, gagne $15.00 CAD par jour, on comprend que les gens ont recours à des expédiants ingénieux. Je vous reparlerai des "scooters" modifiés, des bicyclettes familiales et autres.
Non, ce que je veux vous raconter va comme suit: les pick-up familiaux. Imaginez Papa ou Grand-papa ou Oncle au volant d'un pick-up. Avec lui dans la cabines il y a les madames les plus âgées, une ou deux. Avec souvent un ou deux enfants sur les genoux. Où sont les autres? Dans la boite bien sûr! Les gamins, les plus vieux tenants les plus jeunes, les chiens, le lunch, les chaises, tout le tralala! Et tous ce beau monde s'en va à la plage, au marché ou rendre visite à quelqu'un! Ça peut paraître choquant mais dites vous une chose: les gens ici aussi préfèreraient avoir un gros S.U.V. ou une Mini-Van. Eux aussi préféreraient avoir les bébés dans des sièges sécuritaires approuvés par Santé Canada. Mais ils n'en ont pas les moyens. Alors ils font sans.
Sur la route, au Campeche, Michel et moi suivions un pick-up. Il roulait correctement, même un peu lentement. La boite était recouverte d'une couverture. Tout d'un coup, nous avons remarqué qu'il y avait 3 paires de pieds qui dépassaient vers le haut. Et, à l'entrée du village, quand le conducteur a encore ralentit, la couverte a été ramassé et nous avons pu voir toute la marmaille. Un jeune homme avait un petit garçon sur ses genoux, un autre étant assis entre lui et une jeune femme qui tenait, elle, une petite fille d'environ 7 ans. Quand nous les avons dépassé, je leur ai fait des sourires et des signes de la main. Ils m'ont fait les plus beaux sourires! La petite fille agitant sa main avec énergie! Manifestement, le fait de ne pas être assise dans un "Escalade 2011-air-conditionnée-cruise-contrôle-etc" ne l'empêchait pas d'être de bonne humeur......
jeudi 10 mars 2011
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